Les routes de l'impossible - "Birmanie, trompe-la-peur"Inédit

Découvertes - 2018 - 50 minutes - Tous publics

Diffusion le 10/08/2018 de 20:50 à 21:40 sur France 5

Résumé : Pendant plus d'un demi-siècle, la Birmanie a vécu repliée sur elle-même, coupée du monde extérieur par la volonté d'une succession de dictatures parmi les plus dures de la planète. Les Birmans considèrent leur pays comme une belle fille endormie : aujourd'hui, elle entrouvre les yeux mais le réveil est difficile. Le pays manque de tout, les infrastructures ont été laissées à l'abandon pendant de nombreuses années. Au nord-ouest, dans la région la plus montagneuse du pays, se déplacer est une aventure. Mais les birmans gardent le sourire.

Critique : Birmanie Trompe-la peur (de Daniel Lainé et Charles Comiti (France, 2018, 50 mn, inédit). Au bord du précipice, Khampi roule. Sa vieille Jeep peine à avancer sur une route dans un état désastreux. Ses passagers frémissent à chaque virage. Le convoi parviendra à bon port après un voyage interminable et chaotique : trois heures de route pour seulement 90 kilomètres. Chaque jour, ce chauffeur de l’extrême parcourt les terres montagneuses du nord-ouest de la Birmanie, sur des pistes à 2 000 mètres d’altitude. Au péril de sa vie et pour une rétribution de 200 euros par mois, le Birman parvient à nourrir sa famille dans une région où les opportunités demeurent rares. Et il n’est pas le seul à braver la mort pour ce « salaire de la peur ». Kossam, surnommé « le Dr Frankenstein de la mécanique », emprunte, lui aussi, les voies sinueuses de la région avec son engin bringuebalant pour livrer du riz à la frontière indienne. Le portrait de ces irréductibles — solidaires et persévérants — permet de dessiner en creux les enjeux d’une Birmanie qui se réveille tout juste après une succession de dictatures militaires. Le pays fait face à un manque cruel d’infrastructures, laissées longtemps à l’abandon. Une situation qui contraste avec les autoroutes désertes de la capitale mégalomaniaque, Nay Pyi Taw, construite par la junte militaire en 2005 et six fois plus grande que New York. — Alexandra Klinnik Congo, le dernier train du Katanga (de David Geoffrion et Daniel Lainé (France, 2015, 55 mn, rediffusion). Pour cet épisode, les deux réalisateurs grimpent à bord d’un train infernal, au surnom poétique d’Hirondelle. Au rythme du convoi, qui accueille jusqu’à trois fois sa capacité de passagers, le spectateur découvre le quotidien chaotique mais souvent joyeux des habitants les plus pauvres et les plus isolés de la RDC. Le récit alterne scènes à bord du train et rencontres dans les villages qu’il dessert — comme avec ce roi local qui gère en monarque généreux le territoire bayeke. Mais David Geoffrion et Daniel Lainé ont choisi de montrer d’autres parcours ­périlleux sur les routes du Katanga. Celui d’un chauffeur de 4 × 4 ou encore de trois marchands à vélo. Dès lors, le propos du film s’éparpille entre les déconvenues des uns et des autres. Un parcours semé d’embûches plus répétitif qu’instructif et qui risque de perdre le spectateur, qui peine à comprendre où l’on souhaite l’emmener. — Violaine Morin

Casting :

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