Amour et sexe sous l'Occupation

Histoire (français) - 2011 - 85 minutes - HD - Interdit aux moins de 10 ans

Amour et sexe sous l'Occupation

Diffusion le 11/01/2019 de 22:10 à 23:35 sur RMC Découverte

Résumé :

Juillet 1940 : les Allemands s'installent dans la France vaincue. Les soldats allemands impressionnent avec leur puissance et leur aura de vainqueur. L'opération séduction bat son plein. Soucieux d'encadrer les débordements, l'état-major de la Wehrmacht réquisitionne les maisons closes. Les conquêtes allemandes ne sont pas seulement féminines : dans le Paris de l'Occupation, des homosexuels sont attirés par l'idéal masculin des nazis et pactisent avec l'occupant. Arletty, Mireille Balin et Corinne Luchaire s'affichent avec des officiers allemands, par défi, véritable amour, intérêt professionnel ou affinités de classe. Et près de 200 000 naissances seraient le fruit d'amours illicites avec l'ennemi. La romancière Benoîte Groult, la résistante Gisèle Guillemot et la comédienne Yvette Lebon livrent leurs souvenirs.

Critique :

En prolongement à leur Occupation intime, diffusée le mois dernier, par TF1 (1) , Clarke et Costelle abordent ici les années noires sous l'angle du plaisir et de l'érotisme. Présentée comme la « version non expurgée » du précédent, ce nouveau documentaire scrute la vie sexuelle et licencieuse des Français entre 1940 et 1944. Sans hiérarchie aucune, il égrène les liaisons de vedettes (Arletty, Mireille Balin) avec des officiers de la Wehrmacht et décrit l'atmosphère d'allégresse chez Maxim's et à la Tour d'Argent. Il pointe l'obsession hygiéniste de l'état-major allemand dans la gestion des maisons closes réquisitionnées, avant d'évoquer le climat de pudibonderie et de redressement moral voulu par Vichy. Sur des images tournées par les militaires allemands, et reproduisant les assertions avancées par Patrick Buisson dans 1940-1945, Années érotiques (2) , Clarke et Costelle dépeignent une France gangrenée par la débauche et la collaboration horizontale ! Mêlant confidences et schématisations spécieuses, ils ressassent les somptueux dîners chez Trenet ou Guitry et l'aveugle insouciance des privilégiés. Leur commentaire approximatif distille surtout une vision misogyne de la Française affamée et joue avec obscénité de l'analogie entre une nation écrasée et des citoyennes vulnérables et appauvries. Patrick Buisson, directeur général d'Histoire, déclare sans vergogne : « La femme de prisonnier qui, pour faire face à la situation, cède à la prostitution, va gagner en une heure de temps l'allocation militaire jour­nalière que lui verse l'Etat français. » Les amateurs d'his­toire des mentalités gagneront à confronter cette appréhension réductrice aux travaux de Jean-Pierre Azéma, d'Olivier Wieviorka ou de Marc Ferro.   (1) Rediffusé ce soir à 21h50. (2) Lire « Patrick Buisson et le vice Vichy » sur telerama.fr (Idées, 10 novembre 2009).

Casting :