Utu

Drame (Nouvelle-Zélande) - 1983 - 105 minutes - Interdit aux moins de 12 ans

Utu

Diffusion le 16/05/2019 de 23:35 à 01:20 sur France Ô

Résumé :

En 1870, les troupes de la reine Victoria quittent le sol de la Nouvelle-Zélande, sous protectorat britannique. Après les révoltes des tribus maoris, les Anglais laissent sur place quelques officiers encadrant des troupes autochtones, chargées de veiller à la pacification. Mais les massacres perpétrés entre elles par les différentes factions rivales de Maoris se poursuivent. Après la mise à feu et à sang d'un village, Te Wheke, qui appartient à la milice, déserte et entre dans la guérilla. Opposé à ceux qu'il considérait comme ses protecteurs, il incite son peuple à la rébellion et exige l'Utu, le paiement d'une dette d'honneur. Dès lors, Te Wheke plonge dans la violence, fer de lance de sa terrible vengeance...

Critique :

Des années avant Jane Campion, Geoff Murphy fut le premier cinéaste néo-zélandais sélectionné au Festival de Cannes. C’était en 1983, et Utu (« vengeance »), présenté hors compétition, fit forte impression. Le film se déroule en 1870 quand la Nouvelle-Zélande était encore sous protectorat britannique. Un jeune Maori, Te Wheke, a rejoint la milice créée par les officiers anglais pour maintenir le calme. Mais quand il découvre que l’armée de Sa Majesté a mis à sac son village et exterminé ses proches (saisissante scène d’ouverture qui rappelle les massacres d’Amérindiens dans Little Big Man ou Soldat bleu), il déserte, décide d’imposer sa propre justice et tente d’inciter les tribus à se révolter contre les Blancs. L’intérêt d’Utu doit beaucoup au charisme du personnage, constamment tiraillé entre deux cultures. Te Wheke est imprégné de valeurs chrétiennes mais agit parallèlement selon ses croyances tribales. Il se fait tatouer le visage et chante des hakas dignes des All Blacks mais s’inspire d’une scène de Macbeth pour tendre un piège à l’ennemi. Le film lui-même joue sur l’hybridation des genres (film historique, western, film d’aventures…) et des tons : des touches d’humour noir dans la description des colons, un marivaudage plein d’ironie entre une guerrière maorie et un jeune officier anglais, et des scènes contemplatives empreintes de mélancolie permettent de souffler entre deux combats d’une extrême violence.